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Biodiversité Administrateur


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| Sujet: Cheirogaster perpiniana Mar 16 Aoû 2005 - 17:18 | |
| Parmi les tortues fossiles qui peuplaient autrefois la France, la plus connue est la tortue géante de Perpignan, ou Cheirogaster perpiniana, qui mesurait 120 cm de longueur et ressemblait à C. sulcata. Elle a disparue il y a 2,5 millions d’années.
Nous avons trouvé sur le net des copies de 2 articles publiés lors de la découverte du spécimen majeur, datant de 1887 et dont la totalité suit (un grand merci à Patricia pour le travail de retranscription). _________________ Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors tu sauras que l’argent ne se mange pas plantes-passion la laïcité est le seul rempart à l'obscurantisme
Dernière édition par le Mar 16 Aoû 2005 - 17:30, édité 3 fois |
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| Sujet: Re: Cheirogaster perpiniana Mar 16 Aoû 2005 - 17:19 | |
| INSTITUT DE FRANCE. --------------- ACADEMIE DES SCIENCES. ------------ Extrait des Comptes rendus hebdomadaires de l’académie des sciences Séance du 19 décembre 1887. ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Découverte d’une Tortue gigantesque par M. le Dr Donnezan. Par M. ALBERT GAUDRY
« J’ai l’honneur d’annoncer à l’académie la découverte d’une tortue gigantesque dans le pliocène moyen de Perpignan. Les grands travaux de terrassements qu’a nécessités la construction du nouveau fort du Serrat ont mis a jour de nombreux fossiles. Grâce aux officiers du Génie, et à M. le Dr Donnezan, ces témoins de l’histoire ancienne de notre pays n’ont pas été perdus. M. Donnezan, président de la Société des Médecins et Pharmaciens des Pyrénées-Orientales, n’est pas seulement un habile praticien, c’est aussi un zélé paléontologiste. L’année dernière, il a bien voulu avec M. le Dr Depéret me conduire au fort du Serrat et me montrer les intéressants vertébrés qu’il a découverts. C’est à lui qu’on doit la conservation de la curieuse tortue dont j’ai à entretenir l’académie. L’animal a été enfoui tout entier. La carapace a 1.20 mètre de long. Elle était entourée et remplie par une roche très dure ; ce n’est qu’à force de coups de marteau et de ciseau qu’on a pu l’isoler. Elle était brisée en une foule de morceaux ; M. Donnezan les a réunis les uns aux autres au moyen de fortes agrafes de fer, comme le font les raccommodeurs de porcelaine pour fixer les morceaux d’un vase cassé. Il a ainsi posé un millier d’agrafes nécessitant chacune deux perforations des plaques dures et épaisses de la carapaces ; en outre il a mis des cercles de fer pour donner plus de solidité à l’ensemble. Et, après qu’il a accompli ce long travail, il nous a généreusement offert son fossile pour le Muséum de Paris. Mon savant aide naturaliste, M. le Dr Fischer, est parti à Perpignan pour le recevoir ; il était accompagné de M. Stahl, chef de l’atelier de moulage du Muséum. La tortue est arrivée à Paris en bon état. Le plaisir de la décrire doit appartenir à M. Donnezan et à son ami M. Depéret, chargé de Cours à la Faculté des Sciences de Marseille, qui a déjà fait d’importantes recherches sur les fossiles du Roussillon. J’ai l’honneur de présenter en leur nom, une première Note, où ils décrivent la tortue de Perpignan sous le titre de Testudo perpiniana. Cette tortue dépasse notablement les plus grandes Testudo actuelles ; elle égale la Testudo grandidieri, espèce sub-fossile que notre Confrère M.Grandidier a rapporté de Madagascar et dont on voit des spécimens dans notre nouvelle galerie de Paléontologie. Lors des fouilles que j’ai faites, il y a une vingtaine d’années dans le mont Léberon, j’ai découvert une Testudo aussi gigantesque que celle de Perpignan. Elle était suspendue en haut d’un ravin élevé ; j’avais fait exécuter de grands travaux pour la dégager, lais moins heureux ou plutôt moins habile que M. Donnezan, au moment ou je voulu l’enlever, je la vis se briser et se précipiter au bas des escarpements ; les morceaux que j’en ai rapportés étaient trop incomplets pour que j’ai osé la déterminer spécifiquement. Il n’y avait rien d’extraordinaire à trouver une Testudo gigantesque dans un terrain formé à une époque où le Dinothérium et l’Helladotherium habitaient notre pays et où l’Asie nourrissait le Colossochelys. Mais il est important pour l’étude des temps glaciaires, d’apprendre qu’il y avait dans notre pays, a la fin de l’age du Pliocène moyen, une tortue énorme : cela confirme d’idée qu’à cet age le climat de la France était encore chaud.
Ce qui rend surtout la Testudo perpiniana intéressante, c’est que nous avons sa tête, une partie de son cou et ses quatre membres, de sorte qu’on pourra la disposer à peu près comme on ferait pour le squelette d’une tortue actuelle. Grâce à l’habile direction de M.Fischer et au talent bien connu de M.Stahl, je pense qu’ainsi remontée, elle deviendra une des pièces les plus curieuses de notre nouvelle galerie. Si dès à présent quelques-uns de nos Confrères venaient la visiter à l’atelier de Moulage du Muséum, ils ne verraient pas sans étonnement l’importance du travail auquel M.Donnezan à dû se livrer pour la mettre dans l’état où elle est actuellement et du travail qui reste a accomplir pour la restaurer aussi parfaitement que possible. La passion que les créatures des ages passés inspirent aux paléontologistes est accrue par les difficultés qu’ils rencontrent pour arriver à pouvoir se les représenter dans l’état de vie. » _________________ Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors tu sauras que l’argent ne se mange pas plantes-passion la laïcité est le seul rempart à l'obscurantisme |
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 Inscrit le : 30 Déc 2004 Messages : 11299
| Sujet: Re: Cheirogaster perpiniana Mar 16 Aoû 2005 - 17:20 | |
| Sur la Testudo perpiniana Depéret, gigantesque tortue du pliocène moyen de Perpignan ;
Par MM.CH Depéret et ALB. DONNEZAN.
« La grande Tortue pliocène dont le squelette vient d’arriver au Muséum de Paris, n’est pas le premier sujet de la même espèce qui ai été découvert dans les limons pliocènes du Roussillon. Depuis une dizaine d’années, trois carapaces plus ou moins entières avaient été trouvées dans les briqueteries situées à peu de distance des portes Canet et Saint Martin, à Perpignan. L’une d’elles, incomplète en avant est conservée au musée de cette ville ; sa longueur est de 0m,75cm. En 1885 M. E. Pépraix trouvait au mas Belrich, non loin d’Elne, des fragments de carapace et des os des membres d’un sujet de très grande taille. L’un de nous (1) a déjà décrit sommairement et figuré quelques-unes de ces pièces, en les attribuant à une tortue terrestre nouvelle, qu’il a appelée Testudo perpiniana. En ajoutant à ces découvertes, celle du magnifique sujet qui vient d’être exhumé des argiles du Fort du Serrat à Perpignan, on doit penser que cette belle espèce a dû être commune en Roussillon à l’époque où vivait dans ce pays Mastodon arvernensis, le Rhinocéros Leptorhinus , le Macacus priscus , c'est-à-dire les animaux du pliocène moyen ou étage astien.
La taille de ces derniers sujets est gigantesque et dépasse celle de toutes les tortues de terres actuelles ou récemment éteintes. Sa carapace mesure en ligne droite 1m20, le diamètre transverse maximum étant de 1m, le pourtour de sa carapace compte 3m85. Dans la plus grande des tortues géantes actuelle, la T. elephantina d’Aldabra , la carapace atteint a peu près 1m. Cependant la tortue signalé »e par M. le professeur Gaudry dans les limons miocènes du Léberon devait, à en juger par une proportion de tibia conservé au Muséum de Paris, atteindre la taille de la tortue du Roussillon. La carapace de la T. perpiniana est de forme ovale rectangulaire élargie, un peu dilatée en arrière, son profil est faiblement mais régulièrement convexe, sauf dans la pertie postérieure qui est déprimée et fuyante. Elle est moins bombée que dans la plupart des Tortues géantes et, en particulier, que dans les espèces de l’archipel d’Aldabra et dans celui des Galápagos. C’est seulement parmi les espèces éteintes des Mascareignes (T. triserrata de Maurice, T. vosmœri de Rodriguez) et de Madagascar (T. Grandidieri ) que l’on voit des carapaces aussi déprimées que celle de la T. perpiniana. Cette forme surbaissée, bien qu’elle puisse avoir été exagérée par la pression des couches d’argile, existe dans tous les sujets que j’ai vus de cette espèce, et elle annonce peut être un habitat moins exclusivement terrestre que celui des Chersites en général.
Les affinités de la T. perpiniana avec les Tortues de Maurice, se révèlent avec encore dans d’autre détails de la carapace ; celle-ci, comme dans les T.inepta et triserrata, est relativement mince, et les plaques osseuses s’épaississent seulement vers les bords, sa surface est lisse, dépourvue des grosses bosselures si apparentes chez les T. elephantina, elephantopus Grandidieri, et à un degrés moindre dans les autres espèces d’Aldabra et des Galápagos. Le bombement que l‘on remarque sur la dernière plaque vertébrale, et qui est destiné à loger la queue de l’animal, est très prononcé dans l’espèce pliocène, il en est de même avec une forme un peu différente, chez les Tortues de Maurice et de Madagascar. Ce bombement caudal est bien moins saillant ou fait même défaut dans les autres espèces de tortues géantes. La plaque nuchale est absente dans la Tortue du Roussillon, caractère qui suffirait à la distinguer de toutes les espèces d’Aldabra, mais qui est commun avec toutes les autres tortues géantes.
Le plastron de T. perpiniana est très développé, il égale la longueur de la carapace qui est de 1m20. Un pareil développement du sternum éloigne la tortue pliocène des Tortues de Maurice, remarquables par la brièveté de peur plastron. C’est seulement dans les T. elephantina et ponderosa, d’Aldabra et dans la T. nigrita américaine que l’on observe des plastrons aussi grands en proportion que chez la Tortue de Perpignan ; encore, dans ces espèces, la longueur du plastron est-elle notablement moindre que celle de la carapace. Il résulte ce cette grandeur du plastron que les deux ouvertures de la boite osseuse sont assez étroites dans la T. perpiniana. Le prolongement antérieur du plastron ressemble beaucoup a celui de la T. triserrata, de Maurice, il est large, épaissi en avant sur son bord libre ; son extrémité est mousse et tronquée, partagée en deux gros bourrelets par une échancrure médiane peu profonde. La partie antérieure su sternum est a peu près semblable dans les tortues d’Aldabra, mais toujours de forme moins élargie. Da,s les tortues de Rodriguez, de Madagascar et des Galápagos, la pointe antérieure du sternum est encore plus étroite et plus grêle. L’écaille gulaire était probablement simple dans la Testudo perpiniana, bien qu’il soit difficile de se prononcer à cet égard en toute certitude sur des pièces fossiles ; ce caractère ne se trouve que dans les espèces de Maurice, à l’exclusion des autres tortues géantes. Le prolongement postérieur du sternum est large et profondément incisé en arrière par une échancrure rectangulaire. La tête de la T .perpiniana est grosse, si on la compare à celle des autres tortues géantes, qui ont, en général, une petite tête. Le profil de la région frontale, au lieu d’être fortement bombé comme dans les espèces d’Aldabra, est à peine convexe ; le profil supérieur du crâne se continue en pente douce avec le profil de la région nasale, qui est un peu concave. Dans l’ensemble, la forme de la tête ressemble plus a celle de la T. inepta, de Maurice qu’à celle des autres espèces des Mascareignes ou de l’archipel américain. Les os des membres, en particulier l’humérus et le fémur, ne sont pas aussi trapus que dans les espèces du groupe de l’Eléphantine, ils se rapprochent par leurs proportions des os des T. inepta, triserrata, de Maurice ; des T. elephantopus, ephippium, des Galápagos, sans être aussi grêle que ceux de la T. vosmœri de Rodriguez. Les phalanges unguéales sont remarquables par leur forme étroite et allongée qui contraste avec la largueur et la forme triangulaire des ces phalanges dans la T. elephantina. En résume, la T. perpiniana ne peut être comprise dans aucune des grands groupes géographiques dans lesquels ont été classés les tortues géantes actuelles, mais elles présentent quelques traits communs avec chacun d’entre eux. Ses affinités les plus frappantes sont pour les Tortues de Maurice (T.inepta et triserata), avec lesquelles elle possède en commun : la forme de la carapace déprimée et lisse, quoique moins étroite que dan ces espèces ; la minceur relative des plaques vertébro-costales ; l’existence d’un fort bombement caudal ; l’absence de plaque nuchale ; l’existence d’une écaille gulaire simple ; la faible convexité de la région frontale ; la forme générale du profil crânien ; la gracilité relative des membres. Elle diffère surtout de ces especes par le grand développement de son sternum qui la rapproche de quelques-unes des Tortues des Galápagos ou d’Aldabra.
(1) Ch . Depéret, Desc. Bass. Tert. Rouss. (Ann. Sc.géol.1885.p.214 PL.IV fig.13-14)
(19 décembre 1887.) _________________ Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors tu sauras que l’argent ne se mange pas plantes-passion la laïcité est le seul rempart à l'obscurantisme |
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| Sujet: Re: Cheirogaster perpiniana Mar 16 Aoû 2005 - 17:28 | |
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